Blog · 26 octobre 2026 · 7 min de lecture

Écrire un discours avec ChatGPT : la méthode

Écrire un discours avec ChatGPT donne un texte générique sans vos faits. La méthode, un exemple avant/après et ce qu’il faut vérifier avant de le prononcer.

Vos anecdotes. Sa structure. Votre voix.

Demander à ChatGPT d’écrire un discours donne presque toujours le même résultat sans préparation : un texte poli, bien construit, et qui pourrait convenir à n’importe quelle occasion du même genre. Le problème n’est pas l’outil. C’est que la demande ne contenait aucun fait que seul vous connaissiez sur la personne, l’événement ou le public.

Un bon discours tient sa force d’un ou deux détails précis que personne d’autre n’aurait pu raconter — pas d’une formule générale sur « le travail d’équipe » ou « une nouvelle étape ». Une IA ne peut inventer aucun de ces détails. Elle peut seulement les mettre en forme si vous les lui fournissez.

Les informations à donner avant de demander quoi que ce soit

  • L’occasion exacte et le public : un départ, un lancement de produit, l’accueil de nouveaux arrivants — un collègue proche n’écoute pas comme une salle de clients.
  • Une ou deux anecdotes réelles et vérifiables, avec un détail concret plutôt qu’une qualité citée sans preuve.
  • La durée souhaitée, en minutes ou en nombre de mots — sans cette précision, le modèle choisit à votre place, et son choix par défaut est souvent trop long.
  • Le ton voulu : léger, solennel, drôle par endroits — un discours de départ et un discours de lancement ne partagent pas le même registre.

Un exemple avant/après

Demande incomplète : « Écris-moi un discours pour le départ d’un collègue. » Résultat : un texte qui parle d’un « collaborateur appréciable » et d’une « contribution précieuse », sans un seul élément qui montre que vous connaissez réellement la personne qui part.

Demande complète : « Mon collègue Marc quitte l’équipe après six ans. Il a monté le service client de zéro et forme encore la nouvelle recrue la semaine de son départ. Il répond toujours « je regarde et je reviens vers toi » avant de donner un avis, même pressé. Écris un discours de deux minutes pour quinze collègues, ton chaleureux avec une touche d’humour sur cette phrase, qui se termine par un souhait concret pour sa suite. » Le résultat s’appuie sur deux faits réels au lieu de qualités déclarées, et c’est cette différence qu’un public reconnaît immédiatement — parce que lui aussi connaît Marc.

Ce qu’il faut vérifier avant de le prononcer

Le modèle reste aussi sûr de lui quand il se trompe que lorsqu’il a raison. Il peut arrondir une durée de service, transformer « il a participé au lancement » en « il a dirigé le lancement » parce que la formule semblait plus percutante, ou ajouter une anecdote plausible que vous n’avez jamais racontée. À l’oral, devant les personnes concernées, une telle erreur se voit immédiatement — et se corrige beaucoup moins facilement qu’une phrase dans un document.

  1. Relisez chaque chiffre et chaque fait du discours contre ce que vous savez réellement, phrase par phrase.
  2. Vérifiez qu’aucun verbe n’exagère le rôle réel de la personne — « participé à » et « dirigé » ne racontent pas la même histoire.
  3. Lisez le discours à voix haute, debout, en le chronométrant une fois : une phrase qui se lit bien sonne parfois creuse une fois prononcée devant un public.
  4. Confirmez que chaque nom cité est correctement orthographié et que chaque relation mentionnée est la bonne.

Ce risque tient au fonctionnement même de ces modèles, qui prédisent une suite plausible de texte plutôt que de consulter une base de faits vérifiés — un point que les lignes directrices de l’OCDE traitent comme un risque à gérer par la vérification humaine, pas comme un défaut ponctuel. L’écart entre un texte qui sonne juste et un texte qui est juste reste mesurable d’une année à l’autre dans le Stanford AI Index, et il se referme plus lentement que les annonces produit ne le laissent penser.

Ce que cette compétence vaut au-delà d’un seul discours

Le PwC AI Jobs Barometer mesure, sur près d’un milliard d’offres d’emploi, une prime salariale nette pour les profils qui savent donner un contexte précis à un modèle et vérifier ce qu’il produit — pas seulement pour un discours, mais pour un e-mail, un rapport ou une présentation. Selon l’INSEE, 18 % des entreprises françaises utilisaient déjà l’IA en 2025, une proportion en hausse rapide. Les tensions de recrutement suivies par France Travail confirment que cette capacité à formuler une demande précise pèse déjà dans plusieurs métiers.

À essayer dès lundi

  1. Notez l’occasion exacte, le public et la durée voulue avant d’écrire la moindre phrase de prompt.
  2. Listez une ou deux anecdotes réelles et vérifiables sur la personne ou l’événement concerné.
  3. Demandez un discours court qui s’appuie sur ces anecdotes précises, pas sur des qualités générales.
  4. Lisez-le à voix haute et chronométrez-le avant de le prononcer devant un public.

Cette méthode — donner un contexte réel plutôt qu’une demande vague — est la même que celle détaillée dans Lettre de motivation IA pour une candidature. Formation prompt IA propose d’autres exercices pour s’entraîner à ce type de demande précise, et Comment utiliser ChatGPT applique le même principe à une tâche plus quotidienne, comme un e-mail ou un résumé. Si vous partez de zéro avec ces outils, Formation IA générative propose un parcours complet, étape par étape, et Formation ChatGPT explique comment reconnaître une formation qui couvre réellement cette étape de vérification.

Si le discours doit s’accompagner de diapositives plutôt que rester un texte seul, Chat PowerPoint montre le même risque de détail inventé, appliqué à une présentation. La méthode pour repérer ce qui manque encore dans un brouillon avant de le prononcer ou de l’envoyer, au-delà de ce seul discours, est détaillée dans Humaniser un texte IA.

Coursium fait pratiquer exactement ces compétences par petites leçons sur votre téléphone, sur des exemples réels plutôt que des démonstrations. Gardez une longueur d’avance sur l’IA en commençant ici — ou lisez d’abord à propos de Coursium.